Le mythe du bois “trop cher” empêche des milliers de familles de faire un choix de construction plus durable et souvent plus intelligent financièrement. Qu’en est-il réellement ?

La construction bois : déconstruire une idée reçue sur les coûts ? 

Hout Info Bois vient de finaliser une étude approfondie visant à comparer les coûts d’une construction en bois par rapport à une construction conventionnelle en blocs de béton creux. À performances thermiques équivalentes, l’étude démontre que :

  • l’ossature bois affiche un léger surcoût de l’ordre de 4 %, principalement lié aux finitions intérieures ;
  • cette différence diminue à 2,5 % lorsque l’on vise une meilleure performance énergétique ;
  • un gain de surface habitable proche de 3 % est constaté à gabarit extérieur identique lorsque les performances thermiques sont renforcées.

Au-delà du prix, l’ossature bois se distingue également par sa rapidité de mise en œuvre, son confort et son faible impact environnemental.

Découvrez l’étude complète !

Contexte économique et environnemental 

Ces dernières années, le secteur de la construction fait face à une hausse continue de ses coûts. Le contexte géopolitique et l’augmentation des prix de l’énergie fragilisent à la fois la compétitivité des entreprises du secteur et l’accessibilité au logement pour les ménages. À cela s’ajoute l’urgence climatique, qui conduit l’Europe à renforcer les normes environnementales applicables à la construction de nouveaux bâtiments.

Dans ce contexte en profonde mutation, les matériaux et techniques liés à la construction bois apparaissent comme une alternative particulièrement pertinente. Pourtant, le marché reste encore largement dominé par des solutions constructives conventionnelles. Or, pour de nombreux futurs propriétaires, le critère déterminant n’est pas tant la technique employée que le coût global du projet, le confort du logement et la capacité à investir durablement.

« La question de savoir si la construction en bois est plus coûteuse que la construction dite “conventionnelle” en blocs de béton creux maçonnés ne peut pas recevoir de réponse simple et binaire. Les avantages de l’ossature bois doivent être appréciés au-delà du seul coût initial de construction. »

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© Hout Info Bois

Méthodologie de la démarche

Le périmètre de cette étude est volontairement circonscrit afin de comparer objectivement deux modes constructifs pour un même projet, en laissant de côté toutes particularités architecturales ou régionales ainsi que les frais annexes :

  • une construction en ossature bois,
  • une construction en blocs creux maçonnés.

Un projet type analysé 

L’étude se base sur la conception d’une maison unifamiliale standard quatre façades d’environ 120 m² de surface utile. La maison comprend trois chambres sous toiture, une toiture en fermettes industrialisées avec combles non aménageables et repose sur un radier sans cave.

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Vues en coupe et en élévation © Hout Info Bois

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Vues en élévation © Hout Info Bois

Deux scénarios de performance thermique ont été analysés :

  • un scénario répondant aux exigences actuelles de la PEB avec des parois verticales présentant un coefficient U de 0,18 W/(m².K) ;
  • un scénario plus performant avec un U de 0,14 W/(m².K) afin d’évaluer l’impact d’une isolation renforcée.

La méthodologie est donc similaire à celle de tout candidat bâtisseur. L’analyse budgétaire s’appuie sur les coûts de référence d’entreprises de construction représentatives actives dans les deux modes constructifs, dans plusieurs provinces, ainsi que sur le bordereau des prix unitaires édité par l’Union Professionnelle des Architectes - Belgische Unie van Architecten (UPA-BUA). 

Résultats de l'étude : analyse des principaux postes

L’étude distingue les trois lots principaux d’une construction classique, pour en extraire les éléments influençant les coûts de construction :

  • le gros œuvre fermé,
  • les installations techniques,
  • le second œuvre (finitions intérieures).

Le gros œuvre 

Les postes liés aux terrassements, aux fondations ou aux installations de chantier ne révèlent pas de différence significative entre les deux solutions. La structure porteuse a fait l’objet d’une analyse approfondie. Les murs extérieurs et intérieurs, ainsi que le plancher de l’étage, ont été comparés selon les deux techniques. Le surcoût initial de la structure en ossature bois est en réalité compensé par le poste isolation, intrinsèquement différent selon le type de structure. Dans la maçonnerie traditionnelle, l’isolant est placé dans la coulisse du mur creux. Dans l’ossature bois, l’isolation est intégrée directement dans l’épaisseur de la structure. 

Lorsque l’on additionne l’ensemble des postes liés au gros œuvre fermé, les deux solutions s’équilibrent globalement. Dans le scénario visant une performance thermique plus élevée, la solution en ossature bois devient même plus favorable. L’augmentation de l’isolation entraîne une augmentation de l’épaisseur du mur maçonné, ce qui peut réduire la surface habitable intérieure ou augmenter le coût des fondations. 

Dans ce cas de figure, l’ossature bois présente un double avantage, dont un gain de surface habitable de l’ordre de 2,5 à 3 %.

Les installations techniques 

Les installations techniques (chauffage, ventilation, sanitaire, électricité) sont globalement similaires dans les deux cas. La coulisse technique de l’ossature bois peut néanmoins faciliter et accélérer la mise en œuvre de certaines installations en évitant la réalisation de saignées dans la maçonnerie. Cette différence reste toutefois marginale dans le budget global.

Les finitions intérieures 

Le différentiel de coût observé entre les deux solutions se situe principalement au niveau des finitions intérieures. Dans une construction en ossature bois, les murs et plafonds sont généralement réalisés en plaques de plâtre, dont la mise en œuvre est plus coûteuse que le plafonnage traditionnel appliqué sur maçonnerie. Pour un confort acoustique standard, les cloisons intérieures sont également isolées dans les constructions en ossature bois. Ces deux postes constituent l’essentiel de l’écart budgétaire entre les deux modes constructifs.

© Arch Dutilleux Artaux
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Conclusion de l'étude 

Le budget établi révèle un ratio différentiel de l’ordre de 4 % plus élevé lorsque l’on considère uniquement les coûts initiaux de construction. Lorsque l’on vise des performances thermiques plus élevées, cet écart diminue toutefois pour atteindre environ 2,5 %. À gabarit extérieur identique, la construction en ossature bois offre également un gain de surface habitable proche de 3 %.

Les variations de prix peuvent néanmoins être importantes selon les régions, notamment pour les postes liés aux finitions. Par ailleurs, ces travaux sont parfois réalisés en auto-construction par les candidats bâtisseurs, ce qui peut réduire encore l’écart de coût. Au-delà de la seule question du prix initial, cette étude invite surtout à considérer la construction bois dans une approche globale, intégrant la performance énergétique, le confort d’usage et l’impact environnemental des bâtiments.

Pour plus d'informations, contactez Hout Info Bois

Site internet : https://www.houtinfobois.be/

Adresse mail : hf@bois.be 

Article de notre partenaire Hout Info Bois